Dix ans après le lâche assassinat l’ayant ciblé le 25 juin 1998 à Tala Bounane, Lounès Matoub continue de défrayer la chronique, non seulement en Kabylie, où sa popularité et son immortalité sont bien établies mais aussi dans l’une des plus grandes capitales du monde : Paris.
Ainsi, demain (vendredi 16 mai), un film sur la vie et l’œuvre du Rebelle sera projeté à 20 hau 12, rue du Moulin des Lapins (75014, Paris).
La projection sera suivie d’un débat en présence du réalisateur, Youcef Lalami.
Le film de 50 minutes est produit par la boite “Métamorphose Film”. Ce n’est pas la première fois qu’un film-documentaire est réalisé sur Lounès Matoub, mais compte tenu de la stature du Rebelle, le grand film tant attendu sur lui n’a pas encore vu le jour.
Par ailleurs et toujours pour marquer le dixième anniversaire de l’assassinat du Rebelle, les éditions “Non-lieu” de Paris viennent d’éditer un magazine spécial sur la vie et l’œuvre de Lounès Matoub, intitulé Intermed.
La revue de soixante-dix pages est diversifiée et contient des photos inédites de Matoub. Plusieurs journalistes ont participé à cet ouvrage à l’image de Youcef Zirem, Yalla Seddiki, auteur du livre Matoub Lounès : mon nom est combat a été pour beaucoup dans la réalisation de cette revue à laquelle ont participé aussi des universitaires français, dont l’un a rédigé un article dans lequel il compare la poésie de Matoub à celle d’Arthur Rimbaud. La revue Intermed (Spécial Matoub Lounès) comprend aussi deux interviews : l’une avec Malika Matoub et l’autre avec Nadia Matoub.
Idir Belkacem

l Les automobilistes n’en reviennent pas ! Un amas de pierres jonche la rue menant vers la cité des 48 logts où sont abrités beaucoup de sièges d’organismes publics tels la BADR, la SAA, Sonelgaz ou l’OPGI, pour ne citer que ces quatre entreprises qui attirent un monde fou chaque jour ouvrable.
Sur un côté de cet amas la tranchée creusée pour la réparation d’une conduite d’eau n’a pas été bien remblayée, ce qui fait que les automobilistes l’évitent en utilisant uniquement l’autre côté, créant alors des encombrements.
Quoi qu’il en soit, abandonnées depuis belle lurette et sans qu’elles ne soient signalées par un panneau quelconque prévenant du moindre danger, cette tranchée et ces pierres obstruent cette rue. Il est inadmissible que de nos jours, de telles aberrations existent au centre de la ville de Seddouk, qui est tout de même un chef-lieu de commune et de daïra.

Algérie : Jusqu’où ira la colère de la rue ?
Qui peut le nier ? Que le vent de l’émeute souffle à nouveau sur les quatre coins de l’Algérie est symptomatique d’un profond malaise social. L’émeute et autres manifestations de rue sont le signe d'un grand désespoir. Et un désespoir est aussi grand que la colère. Immense. Immense et imprévisible. A la mesure du mépris du pouvoir. Ainsi, note un confrère, on croyait pourtant avoir tout vu avec ces jeunes harraga qui se jettent dans l’écume des vagues incertaines dans l’espoir d’échouer quelque part au Nord dans une incroyable mésaventure humaine. Mais le « génie » de nos dirigeants qui ont complaisamment tourné le dos aux souffrances du peuple nous a offert cette image insoutenable d’un jeune Algérien en détresse s’automutilant devant le portail d’une administration. C’était mardi à Tizi Ouzou. Et c’est une première dans la liste noire de la « non-assistance à jeunesse en danger », qu’un Algérien en vienne à se larder le corps à coups de couteau pour attirer l’attention. Un geste de désespoir qui constitue à lui seul un baromètre de l’Etat de la jeunesse dans un pays qui exhibe avec arrogance ses milliards de dollars apparemment inutiles.
Ce n’est certainement pas verser dans l’alarmisme que de noter un désarroi social ambiant en Algérie. Le retour de la protestation sous une forme parfois violente dénote une galère citoyenne que les caméras de la télévision refusent de fixer. Depuis des mois que les fonctionnaires protestent, personne n’a osé les recevoir ne serait-ce que par respect à leur fonction sociale. Les syndicalistes autonomes qui donnent une belle leçon de solidarité et de démocratie sont « accueillis » par la matraque et le gourdin. C’est le tarif syndical pour qui ose défier l’ordre établi. Qu’il soit jeune chômeur, enseignant, médecin ou universitaire, d’Oran, de Timimoun, de Tizi, de Beni Abbès ou d’Alger, le protestataire n’a droit qu’à un traitement : la pression ou la répression. L’Etat qui a vocation à écouter ses citoyens semble avoir perdu sa mission élémentaire. C’est pour cela que la rue gronde en ce printemps… noir.
L.M.



