Première partie : zone interdite
1960, Bordeaux. Laurent Luissac, futur journaliste, résilie son sursis : il voit son service militaire en Algérie comme une aventure. Il quitte son père et sa fiancée Isabelle.
Une caserne, près d’Alger. Laurent rencontre ses camarades de promotion. Farid le musulman, Raymond le pied-noir, Bernard l’instituteur communiste. Au cours d’une permission, Laurent fait la connaissance d’Evelyne Garcia, la sœur de Raymond. Coup de foudre réciproque. Pour Laurent, l’aventure devient vite un cauchemar. Le docteur Haddad, dénoncé par François, le jeune fils Garcia, pro Algérie française, meurt sous la torture et c’est le début d’un engrenage sanglant. Vengeance aveugle et assassinat de Raymond, le pacifiste : les rebelles ont confondu les deux frères. Rupture avec Evelyne.
Taourit. Laurent a pris le commandement d’une compagnie de soldats en Grande Kabylie où il a retrouvé Bernard qui fait la classe à des enfants musulmans. Dans le maquis, Laurent abat une infirmière musulmane, la guerre a fait de lui un assassin et le cycle infernal des représailles commence.
Alger. Une bombe explose dans un cinéma. Djamilla, la fille d’Haddad et amie d’Evelyne, est complice de l’attentat. Pour Evelyne et Laurent, la passion est la plus forte. Elle le rejoint en zone interdite.
Deuxième partie : Terre brûlée
Au référendum sur l’autodétermination le « oui » l’a emporté et, sur les murs d’Alger, le sigle O.A.S. fleurit. Laurent a retrouvé Bernard. Il s’est rangé du côté du peuple algérien et, amoureux d’une kabyle, va se convertir à l’islam pour l’épouser. Egorgé par des rebelles, il n’en aura pas le temps.
Avril 1961, Alger. Laurent est mis aux arrêts : il aurait collaboré à la presse communiste. C’est Isabelle, son ex-fiancée, qui a fait publier ses lettres. Informée par Farid, Evelyne se sent trahie : il écrivait à sa rivale !
Putsch des généraux Les prisonniers militaires sont libérés par les paras qui les exhortent à l’insurrection contre De Gaulle. Fin du putsch. Laurent, félicité pour sa conduite héroïque, part en permission à Bordeaux. Rupture définitive avec Isabelle. Farid a avoué son amour à Evelyne. Pour lui, son refus est une preuve du mépris des Français pour les Arabes et, le jour même, il déserte.
Hiver 1962. L’armée française quitte l’Algérie et Laurent est affecté au maintien de l’ordre.
A Alger. Les soldats harkis sont livrés sans défense à la vengeance des rebelles. Laurent est révolté, cassé. Evelyne tente de lui redonner goût à la vie.
Printemps 1962, Alger. Grande manifestation pied-noir. Rue d’Isly, l’armée tire sur des civils. Représailles personnelles : François tire sur Laurent.
Quelques mots de François Luciani, réalisateur de L’ADIEU
L’Algérie pour la France est une affaire de sang. Impossible de raconter cette histoire sans évoquer le lien affectif, profond, qui nous unit, nous français, au peuple algérien. La colonisation, racontée dans mon film précédent, L’algerie Des Chimeres, proposait une réflexion autour d’un rêve, devenu chimérique, du « mariage de l’orient et de l’occident », mariage forcé, mariage raté. La décolonisation, racontée dans L’ADIEU, marque le divorce de ces deux mondes définitivement antagonistes et nous donne une idée de la violence de cette séparation.
Avec les personnages de L’ADIEU, j’ai voulu montrer l’incroyable dimension tragique de cette histoire. Au-delà des opinions déjà établies, j’ai cherché un regard « balzacien » pour filmer avec une précision toute emprunte de tendresse l’ensemble des communautés hétérogènes que possible que formait la société d’Alger à la veille de l’indépendance : les français d’Algérie, les colons, les algériens pro-français, les algériens nationalistes l’armée française et les harkis, lâchement abandonnés à la vindicte de tous. Je n’ai volontairement pas voulu prendre parti : j’ai préféré au contraire laissé au spectateur le soin et la liberté des se faire lui-même son idée, son opinion.
Au regard d’aujourd’hui et de l’observation des questions qui traversent son société, l’islamisme, les dérives terroristes, les conséquences de ces guerres sont d’une brûlante actualité. C’est pourquoi les interventions contenues dans ce DVD participent d’une réflexion remarquable sur l’évolution de la société française, laïque et démocratique, placée au cœur des débats contemporains.
C’est là, je crois, la force de L’ADIEU : un film libre, actuel, d’aujourd’hui comme de demain, où chacun peut prendre toute la mesure de la violence du sang versé et de la force, si présente, du sang mêlé.